


Nos pieds sont des structures complexes que nous avons tendance à vouloir ignorer. Ils sont souvent les grands oubliés de notre schéma corporel. Cependant ils nous supportent vaillamment et nous permettent de nous propulser lors de nos déplacements. Ceci suppose à la fois résistance et souplesse. Chacun de nos pieds se compose de 28 os, 31 articulations, 20 muscles qui leur sont propres.
Le squelette du pied comprend :
Les grandes articulations du pied :
Deux autres articulations importantes :
Le talon avec l’astragalo-calcanéenne et la tibio-tarsienne faisant la jonction avec la jambe au niveau des malléoles interne et externe.
Tout cet ensemble osseux se maintient grâce à un système capsulo-ligamentaire et musculaire solide ; le tout est inclus dans l’aponévrose plantaire.
Sous la plante du pied, contenue dans cette aponévrose plantaire se trouve la semelle veineuse de Lejart très importante pour le retour du sang vers le cœur.
L’empreinte des pieds est la représentation schématique de la personne; la trace de son passage sur terre. L’homme est pris entre deux forces inverses : la poussée de la terre vers le haut et le poids du corps qui est appliqué vers la terre. L’interaction de ces deux forces détermine les positions du corps qui vont être individuelles.
Le corps va s’adapter, influencé par les forces du haut ou celles du bas. On a donc des positions variées : Flexion, extension, rotation, contre-rotation.
Une articulation qui a perdu sa faculté d’adaptation aux forces de la pesanteur peut présenter des blocages tels que : ankylose, arthrose, arthrite.
Le corps se mobilise essentiellement à partir du pied. De lui dépend toute la position du corps et y aboutissent les positions des segments supérieurs.
Considérons la personne en posture debout : c’est la surface occupée par le bord externe des deux pieds;
La ligne de gravité du corps tombe du sommet du crâne, passe en avant du rachis cervical et dorsal, croise la première vertèbre lombaire, descend en arrière du plan des hanches, passe en avant du plan des genoux, et touche le sol à l’intérieur du polygone de sustentation.
Idéalement le centre de gravité du corps serait situé au niveau du sacrum : S2, S3
Mais il est inconstant : à chaque fois que nous bougeons il change.
« Bien que les pieds de l’homme n’occupent qu’un petit coin de la terre, c’est par tout l’espace qu’il n’occupe pas que l’homme peut marcher sur la terre immense » Tchouang-tseu.
Selon le docteur Lelièvre, podologue : « La marche est caractérisée par ce double fait que jamais le corps n’abandonne totalement le contact avec le sol ; qu’à certains moments les deux pieds reposent à terre »
Au niveau du pied, l’attaque du sol se fait par le talon, puis le pied se rabat sur son bord externe et enfin la tête des métatarsiens prend contact avec le sol. L’impulsion finale se fait sur le gros orteil. Rappelons que le nourrisson dès la naissance possède le réflexe de la marche. Tout notre corps est mobilisé dans la marche et le mouvement part de notre centre de gravité.
La marche est multiple : depuis notre piétinement quotidien et inconscient, nos «courses contre la montre », les randonnées, la marche de détente, la marche sportive jusqu’à la marche méditative.
Le pied égyptien, se retrouve dans 65% de la population. Il se caractérise par un gros orteil plus long que le deuxième orteil.
Le pied carré, n’est présent que dans 20% de la population. Les orteils sont de la même longueur.
Le pied grec, n’existe que chez 15% des individus. C’est le second orteil qui est plus long que les autres.
Or les chaussures, actuellement, sont conçues pour les 15% de pieds grecs. Pour les 85% formés des pieds égyptiens et carrés, le conflit avec le chaussage est déclaré.
Le choix de la chaussure comporte une démarche considérant un certain nombre de paramètres :
De nombreux problèmes de pieds et de statique ont pour origine un chaussage inadéquat. Une chaussure trop serrée, à bout pointu et talon haut génère des déformations et des pathologies de contraintes telles que
Ce style de chaussures fréquemment portées amène une instabilité non consciente dans la démarche avec des répercussions sur l’ensemble du squelette et des compensations musculaires en chaines. Bien sûr ces pathologies peuvent exister chez certaines personnes attentionnées à leur chaussage du fait de déformations congénitales, de maladies rhumatismales ou des téguments fragilisés par un diabète ou de l’artérite.
Le pied est un ressort et a la faculté de s’allonger en fonction de la force qui lui est imprimée. Il faut trouver le juste équilibre entre une force constante et une solidité du ressort. Si le pied ne peut jouer ce rôle de ressort , il part en dedans; c’est un valgus ou en dehors; c’est un varus.
« Le ciel est notre nature absolue, sans entrave ni limite et le sol notre réalité, notre condition relative ordinaire. Intégrer le ciel et la nature immortelle de l’esprit et le sol de notre nature mortelle et transitoire » Sogyal Rimpoché Le livre tibétain de la vie et de la mort.
Il est important de prendre connaissance dans nos postures debout de la vie quotidienne et dans nos pratiques de yoga de l’interaction entre le « haut et le bas ». Nous entrons dans le domaine de la posturologie et rejoignons notre art : le yoga.
Comment à partir d’une position de pieds, les segments supérieurs se positionnent de façon logique ou parfois de façon totalement illogique par le système des compensations souvent inconscientes.Comment à partir d’une posture du haut : une fermeture d’épaules, une antéversion ou rétroversion du bassin, il peut y avoir des retentissements sur la base. Comment également à partir d’une attitude mentale la personne influence sa posture. Il ne s’agit pas ici de vouloir absolument rétablir une personne dans une posture droite et conforme mais de trouver le bon compromis en vue d’une harmonisation de sa statique.
Plusieurs paramètres entrent en action dans notre équilibre :
Ajoutons qu’une bonne respiration libère l’énergie et la fait circuler harmonieusement, évitant contractures ou tensions musculaires. Certains troubles circulatoires sont dûs à une mauvaise respiration. l’inspiration amène l‘énergie jusqu’aux extrémités, l’expiration est un des facteurs de la remontée veineuse.
« Il doit y avoir une harmonie parfaite entre les différentes parties du corps » Gallien, Médecin du 2ème siecle.
Aimez vos pieds, quels qu’ils soient : larges ou fins, creux ou plats !
Marchez avec et pas à côté ...
Respirez jusqu’au bout de vos orteils.
Offrez leur un soin régulier chez le podologue.
Massez les...
Réhabilitez les et ils vous le rendrons bien.